Épisode 3

Épisode 3
Musique
Au-dehors, l'horizon grise semblait trembler avec le vent. Les arbres déchaînés effectuaient une danse macabre, des objets quotidiens se transformaient en projectiles mortels et traversaient la vision qu'offrait la petite fenêtre, le silence avait pris place avec la peur.
Tous les adolescents qui étaient recroquevillés dans le gymnase sombre avaient tous connu la peur. Une fois dans leur vie, au moins.
Mais alors que chacun scrutait le regard de l'autre, de ce voisin inconnu, de cette amie chère, de ce garçon aimé ou de cet ennemi juré, tous pouvaient lire la même expression sur les visages : l'effroi.
Ce sentiment paralysant, beaucoup moins pouvaient réellement dire l'avoir déjà ressentit. Et même si le souvenir d'une prise d'otage, d'un suicide imminent ou d'un safari en Afrique refaisait surface, la crainte était plus forte que jamais. Car ils savaient tous pertinemment que, cette fois, ils ne pouvaient rien faire.
Ils n'étaient plus bien différents maintenant. Les mêmes visages effrayés, les mêmes pupilles humides, les mêmes mains tremblantes... le même silence. On ne se fait jamais à la peur, qu'on l'ait déjà rencontré des millions de fois ou pas. La peur vous submerge tout entier et écrase tout le reste. La peur est un sentiment naturel qui prévient d'un très grand danger.
Or ils avaient raison d'avoir peur : avant la fin de la journée, l'un d'eux verrait sa vie changer à jamais...

*

2 heures avant...

Ryan : Elle... Elle arrive. Droit sur nous.
Une multitude de têtes se retourna vers un Ryan haletant au pas de la porte, la même expression d'incrédulité innocente sur les visages.
Chris : Tu parles de la prof de SVT ou peut-être de... la colère divine ?
Ryan avait le regard exorbités d'horreur, souriant à une blague que lui seul semblait comprendre ;
Ryan, murmurant : Tu ne crois pas si bien dire...
Alors le professeur de SVT arriva dans la classe. Mais sur ses traits se lisaient une expression que tout adolescent de Cherrycity commençait à bien reconnaître.
Professeur : Il n'y a pas de temps à perdre : nous allons tous calmement nous diriger vers le gymnase, c'est l'endroit le plus sûr. Prévenez vos parents : qu'ils restent chez eux vous êtes pris en charge par le lycée...
Dans l'ordre qui suit l'incompréhension, les élèves se levèrent calmement et se dirigèrent vers l'aile ouest du lycée. Mais même si les muscles avaient été plus rapides, tous commencèrent à comprendre.
Et la panique prit possession des lieux.

1 heure avant...

Le monde gigantesque s'était soudain réduit au gymnase du lycée. Certains distribuaient des vivres ou des couvertures, d'autres se blottissaient dans un coin avec des amis, d'autres encore rassuraient des proches au téléphone. Car non loin de là où ils se trouvaient tous, une tornade de magnitude 3 approchait. Celle qui précisément était supposée éviter Cherrycity et ses alentours. Et la tornade allait amener peine et désolation avec elle...

Paige : Viens un peu par là, Watson !
Elle leva les yeux au ciel. Non loin d'elle, Lindsay réconfortait les plus jeunes et répartissait couvertures et nourriture. Avec son éternel sourire travaillé de véritable pom-pom girl, Lindsay revint enfin vers son amie et s'assit contre près d'elle, le dos au mur.
Lindsay : Et dire que j'avais réservé des mois à l'avance pour cette manucure...
Paige sourit. La légèreté de son amie faisait aussi partie de la panoplie parfaite reine du lycée.
Lindsay : Eh bien ! La seule fois où j'aurais jamais vu Paige Delfino sourire aura été en attendant une tornade ! Plutôt atypique...
Paige ne perdit pas son sourire mais ses yeux se baissèrent vers ses genoux remontés contre elle. Lentement, sa main attrapa celle de Lindsay et une perle humide roula sur sa joue.
Lindsay : Hey ! ça va aller... Tout va s'arranger...
Caressant doucement la chevelure chocolat de celle qui sanglotait dans ses bras, Lindsay ne perdit pas son sourire. Elle n'avait jamais faillit, même dans les moments difficiles. Elle n'était peu être pas la fille la plus profonde du lycée mais elle était le roc solide sur lequel une s½ur autrefois, ou une amie à présent pouvait se reposer. C'était son devoir.
Paige : Tu es ma meilleure amie... La seule que j'ai jamais vraiment eu.
Elle releva la tête vers Lindsay qui la jaugea d'un regard tendre.
Lindsay : Je le sais, ça. Aller, essuie-moi tes larmes ton mascara coule !
Paige pouffa nerveusement et s'empressa de frotter ses yeux et de reprendre contenance. Mais sa main ne lacha pas celle de Lindsay.

Un peu plus loin, une jeune femme se balançait d'avant en arrière, le regard perdu dans le vague, marmonnant des son inintelligibles.
Ryan : Je peux m'asseoir ?
Lily releva brutalement sa tête vers lui, le fixant de ses yeux vides et incompréhensifs. La vraie tempête faisait rage dans son esprit. Et la voix de Maya avait soudainement pris des modulations plus grave, pour devenir la tonalité rauque de Ryan.
Ryan, s'asseyant : ça promet d'être long... Si tu vois ma mère, pitié préviens-moi je n'en peux plus de jouer le fils de la directrice !
Lily le fixait toujours de ses yeux noisette mouchetés d'or, comme recouvert d'une pellicule miroitante de folie intérieure. Puis elle se remit soudain à se balancer, entourant plus étroitement ses genoux de ses bras frêles.
Lily, marmonnant : Je ne sais plus où jen suis, je ne sais plus où j'en sui, je ne sais plus où j'en suis, ...
Le visage de Ryan refléta alors une tristesse profonde et anxieuse. Tendrement, il fit un geste vers elle mais Lily se déroba comme effrayée.
Ryan : Je devrais te demander cette fois...
Lily repensa au fameux soir où il l'avait brusquement embrassée. Elle ne savait plus ce qu'elle avait ressentit alors.
Ryan : Puis-je t'embrasser ?
Les trépignements de Lily cessèrent et elle se figea, immobile pendant un temps. Ses yeux loin de ceux de Ryan. Puis, presque si imperceptiblement que Ryan faillit le manquer, elle hocha la tête et son grand voisin blond déposa sur sa joue fraîche un petit bisou tendre. Ce qu'elle ressentit à ce moment-là, elle ne l'oublierais jamais.

Jake arrêta de faire les cents pas lorsqu'une douleur sourde saisit ses deux jambes. Se laissant tomber avec un grognement à terre, il renifla l'air âcre de la salle bondée. Observant le véritable camp de réfugiés qu'était devenue la pièce, il vit partout des exemples d'amour et de solidarité : au loin, la tête d'Émily reposait sur l'épaule de Chris qui lui caressait ses cheveux or clairs, Chloé aidait un vieu professeur à s'installer... Aucune émotion. Il était seul maintenant. Seul et insensible.
Mais une vive douleur contracta son c½ur un instant, comment un nouvel élan de vie. Ce pincement, il avait essayé de l'ignorer mais il revenait de plus en plus insistant, de plus en plus fréquemment, de plus en plus intense. En réalité, il ne savait pas quelle en était la cause. Le deuil de sa petite amie avait été long et il éprouvait toujours un besoin de vengeance mais cela avait plutôt refroidit son c½ur meurtri. Non, ce qui le faisait battre, soudain, à nouveau, il en ignorait la raison. Mais inconsciemment, il repensa à la vision qu'il avait eu d'une Sasha larmoyante enfouie dans les bras protecteur d'un rockeur.

Retour au présent...

La musique du vent, la longue plainte de son souffle puissant était à la fois magie et poésie. Mais l'aura de mort et de destruction qu'elle annonçait ne donnait qu'une seule chose : la peur. Il est étonnant de voir à quel point tout revient toujours à ce sentiment. De constater comment chacun, aussi différent soit-il des autres, se verra habité par la crainte comme le reste. Il n'y avait plus qu'un seul corps dans le gymnase, une seul unité qui tremblait en c½ur.
Et puis brusquement, dans un éclat de verre et de cris, le hurlement de la tempête s'engouffra dans la pénombre du l'aile ouest du lycée de Cherrycity.
Sang, pleurs, désespoir, hurlements, destruction, effarement, incompréhension, panique... On court, on crie, on s'agite. Peur.

L'un des réfugiés n'allait pas s'en sortir indemne.



Qu'est-il réellement arrivé ? Quel personnage ne s'en sortira pas indemne ?
Comment Naomie avait-elle prédit la destruction du lycée ?
Pour le savoir, rendez-vous à l'épisode suivant contenant son lot de surprises et de révélations !

# Posté le samedi 30 août 2008 06:28

Modifié le mardi 21 avril 2009 13:51

Épisode 4

Épisode 4
Musique You Found Me, The Fray

Seules comptent les âmes en peines. Les êtres heureux avec leur bonheur uniforme et inutile sont tout aussi improbables que superficiels. Seules compte le malheur, sans quoi la notion même de bonheur n'existerait pas, et ceci était une loi admise par l'esprit de Paige Delfino.
L'esprit dort. Mais son c½ur bat encore.
Le décor s'ouvre sur une noirceur semblable aux tréfonds de sa perte de connaissance et, un instant, elle doute être réellement réveillée. Battant des paupières comme s'il s'agissait d'ailes de papillons, la vision floue se transforme en une chambre aux tons ocre et blanchâtre, plongée dans un halo bleu noir. La seule lumière provient de ce croissant lointain que l'on croirait sorti d'un rêve, cet astre presque blanc que l'on appelle la lune.
Les pensées toujours ténébreuses, la langue pâteuse, Paige descend lentement la tête au prix d'un ultime effort : elle est empêtrée dans un fouillis de fils et de tubes reliés à des machines au ronronnement angoissant, au bip bip malveillant.
Elle ne vit pas tout de suite que quelque chose n'allait pas. Il y avait tellement d'éléments anormaux dans cette vision nouvelle que son cerveau para au plus direct. Quand les brumes de son sommeil accidentel commencèrent à s'éloigner de sa conscience et qu'elle put enfin émettre des pensées claires et intelligibles, son esprit réintégra entièrement son corps et toute sa dimension physique de douleur et de fatigue.
C'est alors qu'elle le senti. Ou plutôt, qu'elle ne les senti plus.
Malgré tous ses efforts, les jambes de Paige Delfino restaient enfoncées dans le matelas rigide du lit hospitalier.

*

Pour la seconde fois en moins d'une vingtaine de jours, la journaliste la lus prometteuse de la petite bourgade de Cherrycity se retrouvait face à ces adolescents que la fatalité ne semblait pas vouloir décidément pas épargner. Elle pencha légèrement sa tête en arrière, fermant les yeux sous le soleil doux de ce début d'hiver, et inspira une grande goulée d'air. Une seconde plus tard, Nell Potter faisait signe à son cameraman de lancer le reportage et s'engoufra dans l'enceinte dévastée de ce qui avait été le lycée de Cherrycity...

Ruines, poussière et débris allant du gris bétonneux au verre translucide avait remplacés la vision rassurante et imposante de l'aile ouest du lycée. Et cela serait probablement à jamais... Ou du moins jusqu'à ce que les catastrophes laissent assez de répit à la petite ville pour se refaire une fortune.
Ce paysage mort, ce paysage funeste de destruction et d'apocalypse semblait irréel, sorti d'un film de science fiction ou d'un cauchemar éveillé. Pourtant les étudiants dispensés de classe aujourd'hui ressentaient un bonheur inexplicable et passionnel : le bonheur d'être en vie.

... : VOUS NE POUVEZ PAS ABANDONNER LES RECHERCHES !
La caméra zooma sur la lycéenne à qui appartenait cette voix colérique : de taille moyenne, des yeux chocolat dorés et une tignasse noire... Lily Davies, bien connue des médias.
Le pauvre homme en face d'elle, un employé de la mairie apparemment, ne semblait pas comprendre la raison d'un tel emportement.
Lily : Vous ne pouvez pas la laisser tomber !
L'angle de vue se resserra, grossissant les traits d'un visage fatigués et en état de choc. Mais il y avait autre chose dans cette figure, autre chose que le cameraman fut d'abord incapable de discérner.
Le déblayeur de la mairie, dont une étiquette piquée sur sa poche de chemise gauche déclamait en toute lettres 'THOMAS FEATHER, Mairie', fut longtemps hapé dans un silence surpris.
Thomas : Je ne comprends pas, mademoiselle...
Lily : Vous ne pouvez pas l'abandonner...
Thomas lança vivement son regard derrière son épaule comme pour chercher de l'aide mais il était sûrement le dernier encore présent sur les lieux : et pour cause, c'était fini. Aucun mort à pleurer, aucun disparu à chercher. Et pourtant il était de plus en plus mal à l'aise face à cette petite.
Brusquement, Lily se retourna et s'enfonça dans les débris. C'est alors que le pauvre cameraman se rendit compte que quelque chose n'allait pas.
Lily : VOUS NE POUVEZ PAS LA LAISSER TOMBER !
Il l'entendit crier. Il la vit trébucher, soulever pierres et débris.
Il crut d'abord que son talent l'avait quitté : le plan, chancelant, était bon pour la poubelle tout comme son poste pour la télévision locale.
Lily : Je SAIS qu'elle est là-dessous !
Puis il comprit : ce n'était pas la camera, ce n'était pas lui. C'était la jeune femme qui tremblait. Mais ce n'était pas seulement un frémissement de froid ou de peur : elle était prise de violente secousses, comme possédée.
Et alors cette lueur qui illuminait les yeux de Lily Davies, il l'identifia avec horreur tandis qu'elle poussait son dernier cri parmis les décombres...
Lily : MAYA !!!!!!!
... c'était de la folie. Pure et simple folie.
Lily ajouta en murmurrant un déchirant 'Où es-tu ?'. La caméra n'en avait pas perdu un seul instant.

*


QUATRE ANS PLUS TARD, Downtown Manhattan, appartement 7

La lumière semblait jouer avec le liquide, les tons ocres en devenaient flamboyants comme s'il avait s'agi de miel. L'alcool tournait, tourbillonnait dans le verre créant en son centre une petite tornade... dévastatrice à l'échelle d'une miette.
Naomie figea son mouvement, arrêtant son poignet de tourner et après quelques instants de silence où elle fixa son verre intensément et sembla faire corps – affalée - avec son canapé beige, elle avala d'un trait le whiskey.
Un flash, une sensation, un souffle : loque humaine, sur le sol, la soif, le manque...
Elle chassa cette image de son esprit en secouant la tête. Le passé était le passé.
Maitenant, elle avait une tout autre vie. Une tout autre raison de vivre. Une tout autre motivation.
Elle ne devait pas se rappeler. Elle devait prévoir, revoir et imaginer cette scène dans son esprit : sa seule raison de vivre.
Posée sur la table basse en verre devant elle, la photo semblait la défier, lui rappeler son devoir. Mais elle n'y voyait plus qu'une promesse, et elle fit la promesse silencieuse d'y arriver un jour. Elle approchait du but. Chaque jour nouveau était un jour plus près.
Elle plongea sa main vers la table, vers la photo, mais ne s'en saisit pas. À la place, sa main rencontra un autre objet, plus lourd, plus froid.
Son autre main tenant toujours son verre vide, elle posa celui-ci sur le canapé et put alors saisir à deux mains l'arme : un long revolver métallique.
Elle avait imaginé cette scène des milliers de fois. Elle avait revu ce moment en rêve, paré à toutes les éventualité, imprimé dans son esprit tous les détails du scénario : brandissant lentement l'arme en face d'elle, elle visa son ennemi imaginaire.
Naomie : BAM !
Il n'y a pas de bonheur sans malheur. Il n'y a pas de joie sans tristesse. Il n'y a pas de bien sans mal.
Chaque être est à la recherche du bonheur. Mais il y a toujours ces individus d'exception, ceux dont le but assouvit un tout autre besoin : Naomie n'eut pas un sourire, pas une ride d'expression, rien. Elle reposa l'arme sur le verre de la table avec un tintement métallique et passa sa main dans ses cheveux auburn. Puis elle considéra si oui ou non elle allait prendre un nouveau verre d'alcool.
Seules comptent les âmes en peines, son corps et son esprit réclamait vengence.
Elle ne vivait plus que pour ça.
Elle allait le retrouver.
Et ensuite, elle allait le tuer.




Quel sera le sort de Paige ? Que va devenir Lily ?
Et, bien sûr, que cherche réellement Naomie... ou plutôt qui ?
Découvrez vite comment nos lycéens favoris vont réagir en lisant la suite !

# Posté le samedi 30 août 2008 06:30

Modifié le mardi 21 avril 2009 13:57

Épisode 5

Épisode 5
Musique I Fade Away, Pillar

... : Fondant au chocolat... ou pas ?
Un scouirk ! s'échappa du ventre de Lindsay. Ses yeux tombèrent sur l'objet du crime : elle avisa ses poignées d'amour... et éloigna son plateau repas de la tentation en allant s'asseoir à la table la plus extrême de la cafétéria du lycée.
Un claquement métallique retentit soudain devant son assiette.
Ryan : Je vois qu'on a bon appétit...
Jetté sous le nez de Lindsay, le plateau de Ryan était vide.
Lindsay : C'est pour son bien. Je le sais. Tu le sais. Je suis sûre que, dans un sens, elle le sais aussi...
Ryan : Et ça te suffit ?
Un autre gazouillement étrange surgit tout droit de l'estomac de la jeune fille. Pourtant elle n'avait pas touché à une seule feuille de sa salade. Ryan soupira.
Ryan : Si tu penses que mettre Lily dans un asile de fou est la bonne solution pour l'aider, c'est ton droit...
Lindsay n'osait pas lever les yeux vers lui. Sa s½ur lui manquait. Sa vrai s½ur. Pas la folle qui pensait discuter avec une morte...
Ryan : Mais si tu penses, comme moi, que la Lily que nous connaissons et aimons est trop faible pour supporter ça, que... que ça ne fera que la détruire...
Il ne finit pas sa phrase. Aux alentours, le brouhaha de la cantine nouvellement refaite après la tempête semblait être un brouillard de voix, de rires et de son de couverts.
Ryan se pencha délicatement vers Lindsay et sa voix se fit plus faible, si basse qu'elle paraissait un souffle...
Ryan : Ce soir, 22h, à l'entrée du lycée.
Puis il se leva, prêt à partir.
Lindsay : Attends !
Le grand blond tourna son beau visage vers elle et ce fut comme si il avait tout compris.
Ryan : D'autres seront là. J'ai un plan. Ne t'en fais pas.
Lindsay se renfrogna, déçue d'être si prévisible.
Lindsay : Je n'ai pas dit que j'allais venir...
Ryan eut un sourire.
Ryan : Oui, mais je te connais Lindsay Watson...
Il s'éloigna pour de bon alors que la sonnerie marquant la fin de la pause déjeuner retentissait dans le réfectoire.
'Pour une fois que j'allais avoir une journée de lycéenne normale...' pensa Lindsay en jetant le contenu entier de son plateau repas.

*

22h05. Entrée Nord du lycée de Cherrycity. Scouirk !
'J'ai faim' pensa Lindsay.
Elle resserra son manteau autour d'elle, jeta un coup d'½il vers la lune. 'Les hommes... toujours en retard !'
Un bruissement dans les buissons. Des bruits de pas. Plusieurs. Soudain :
Ryan : Je suis sûr que tu as eu peur...
Lindsay afficha une moue boudeuse face aux silhouettes sombres qui venaient d'apparaître. La pénombre était si intense qu'il lui fut difficile de reconnaître ses amis : il y avait Jake, grande carcasse de marbre, et... Alex. Comme en prévision de ses éventuelles questions, Ryan lui intima en aparté :
Ryan : Alex est là pour le soutien. J'ai... fait appel à une... force supérieure !
Il rit de la situation.
Lindsay, cynique : Une secte peut-être ?
Ryan : Mieux que ça : une société secrète.
Alex : No more secret, baby !
Ryan, plus fort : Oups, tu écoutais c'est ça ? ... En parlant de ça quelqu'un saurait où sont Chris et Émily ?
Lindsay : Pas vu depuis des jours.
Jake : On a pas le temps pour ça...
Un silence lourd s'abattit sur le petit groupe et le soupir résigné de Ryan dessina un petit nuage dans la nuit.
Ryan : C'est parti alors.
Un petit scouirk se fit entendre.
Alex : Tu vas nous faire repérer, Lindsay !
Ils partirent ainsi au sacrifice en riant. Dernière de file et plutôt excitée par la situation, Lindsay réussit à retenir Ryan en arrière quelque instants...
Lindsay : Tu sais ce que ça me rappelle ?
Ryan : Les films de gangsters hollywoodiens ?
Lindsay : Non, notre premier rendez vous !

*

Des coups violents tambourinaient à la porte. Insistants. TOC TOC TOC TOC !!!!
Mal réveillée, les cheveux en pétard, un pied orphelin de chausson, Chloé traina sa carcasse jusqu'à la porte. Pourquoi les parents ne sont-ils jamais là lorsqu'on en a besoin ?
Sans même réfléchir à quelques principes de sécurité primordiale, elle ouvrit le loquet. Après tout, il était trois heures du matin.
La porte s'ouvrit en une seule secousse et claqua contre le mur opposé. Chloé finit d'être tout à fait réveillée.
Elle avait en face d'elle Lindsay, Alex, Ryan portant une Lily évanouie et Jake. Le regard de Jake. 'J'ai une dette à payer...'
Chloé leur fit signe d'entrer et referma à double tour le loquet derrière elle. Au loin dans la ruelle, on entendait la sirène de la police tourner dans toute la ville...
Scouirk !



Un épisode un peu plus léger même si nos héros vont vite se rendre compte que jouer avec la justice n'a pas que du bon...
D'ailleurs, le prochain épisode vous invite à faire un petit tour dans un futur mouvementé pour plus de réponses... mais aussi plus de questions !!

# Posté le samedi 30 août 2008 06:35

Modifié le mardi 21 avril 2009 13:56

Épisode 6

Épisode 6
Musique Crawling, Linkin Park

QUATRE ANS PLUS TARD

Des multitudes de gouttes de pluie venaient marteler le pare-brise qui offrait une vue grise de la route. Les battements des essuie-glace étaient la seule chose qui maintenait Naomie réveillée...
... Un bien mauvais temps que nous offre New York en ce début de matinée ! ...
La radio grésilla.
... Merci de vous réveiller avec nous chers auditeurs : il est 8h25 et ...
Sonnerie de téléphone.
Sans quitter la route de ses yeux bleu glace, Naomie plongea la main dans une vieille boite en carton sur le siège passager, ressassant d'innombrables plaquettes de CD... Un nom s'affiche sur le portable qui en ressort. Il sonne toujours.
Naomie ne répond pas, le range, se gare.

Un instant plus tard, Naomie poussa la porte d'un petit café de Brooklyn. Il l'aperçut tout de suite et lui fit un signe de la main pour l'inviter à le rejoindre.
... : Un café noir serré, j'imagine ?
Naomie venait de s'asseoir face au jeune inspecteur. Une serveuse s'arrêta, aux aguêts, mais la belle Naomie la repoussa d'un signe de tête.
Naomie : Pas aujourd'hui, merci.
Le jeune homme qui lui fait face avale en souriant une gorgée de son café avant de se prélasser dans le fauteuil. Ses yeux rieurs ne quittent pas Naomie.
... : Tu devrais pourtant : tu as vraiment sale mine ! Depuis combien de temps n'as-tu pas dormi ?
Au-dehors, l'averse fait toujours rage, balayant les rues grises de la ville qui ne dort jamais. Naomie ne prend pas la peine de répondre au garçon moqueur : ses yeux envient la liberté de l'eau... Un téléphone sonna mais Naomie l'ignora jusqu'à ce que l'engin s'arrête.
... : Bob m'as parlé, tu sais...
Un éclair de glace se retourna vers le garçon : Naomie fixait maintenant son visage avec une lueur presque effrayante. Autant qu'elle pouvait en juger, il s'était radoucit, fait plus penaud : son sourire joyeux avait été remplacé par l'expression d'une franche inquiétude. Mais il n'en était pas moins beau. En ce moment même toutes les femmes du café devait l'envier de partager sa table. Les serveuses déjà ne pouvaient s'empêcher de tourner autour de la table, à la manière de rapace prêtes à tout pour un regard du beau jeune homme.
Naomie, cassante : Ce sont pour des services professionnels que je fais appel à toi, pas relationnels.
Son collègue se rembrunît imperceptiblement, vida d'un trait son café puis se leva vers la porte.
... : On y va alors.
Naomie le suivit, sortit dans l'air frais de la ville bourdonnante.
Naomie : Sincèrement... Je vais bien, Matthew.
Matthew n'en étais pas si sûr mais s'éloigna vers la voiture avec un sourire entendu.
'Je vais bien...' répéta Naomie pour elle même.

*

La voiture se rangea dans une allée boueuse, les roues crissant sur le gravier. Matthew la prévint en claquant sa portière :
Matthew : J'ai eu du mal à les localiser : mon district refuse que l'on coopère avec le FBI...
Naomie lui adressa un signe de compréhension en cherchant sa plaque d'agent fédéral dans sa poche intérieure.
Ils sonnèrent à la porte. Elle prit une grand inspiration...

La personne qui ouvrit n'était pas plus grande que trois pommes : blonde comme les blés avec de jolies couettes, tout sourire, yeux bleu, environ cinq ans.
L'enfant : Maman !!!!
La voix qui parvint à Naomie et Matthew était changée, mais familière.
... : Rentre jouer ma chérie !
Alors elle apparut.
Naomie : Émily Swan Scott, je suis l'agent fédéral Naomie Wyatt et voici mon collègue Matthew Sheperd du département de police de New York...
Émily Swan Scott : ses cheveux cendrés ondulaient sur un pull d'un bleu aussi profond que ses yeux. Son visage, bien que plus vieu, gardait encore les traces d'un sourire récurrent. Mais en cet instant, elle ne souriait pas.Émily : Tu te fiches de moi là, Naomie ?
Le vent fit écho à ses paroles en s'engouffrant dans l'entrée de la petite maison résidentielle de banlieue. Matthew ne savait que faire. Naomie gardait un regard vide pour celle qui avait été autrefois son amie...
Naomie : Mme Swan, je veux juste savoir où se trouve...
Émily accueillit ce détachement en haussant un sourcil. Instinctivement, son pouce caressa l'annulaire de sa main gauche : elle pouvait encore sentir le poids de son ancienne bague... Il fallait adopter l'attitude de l'ennemi.
Émily : Vous avez un mandat ? Dehors !
Matthew effleura le bras de Naomie : mieux valait rentrer, l'orage allait gronder pour le ciel comme pour les hommes. Il pouvait voir Naomie devenir livide, sa machoire se crisper.
Naomie : Dites moi au moins où est votre mari...
Émily : EX-mari...
Mais Émily ne dit rien d'autre, se contentant de fixer Naomie les lèvres cousues. Émilyl referma encore plus la porte de sa demeure, secrète et interdite. Les temps avaient changé.
Naomie n'allait pas tenir.
Alors une petite tête blonde surgit dans l'entrebâillement de la porte : une jeune enfant, si belle, si innocente. Cinq ans...
Naomie, explosant : TU LE PROTÈGES ENCORE ?! APRÈS TOUTES CES ANNÉES ! TOUT Ça POUR NMS, CE GROUPE ENFANTIN ! ÉMILY, TU ME DOIS DE...
Matthew agrippa Naomie brutalement et la tira en arrière. Elle tenta de se débattre mais sa rage et sa tristesse faisait d'elle une épave.
Toujours muette mais de surprise plus que par choix, Émily vit cette jeune femme écorchée vive s'éloigner dans la voiture grise. Comme une statue sur le pas de sa porte, elle entendait le nom de sa fille résonner dans sa conscience...

*

Matthew : ça va mieux ?
Naomie scrutait fixement les nuages, droit devant. Elle n'avait rien dit depuis un bon moment.
Non pas qu'elle n'ait jamais été très bavarde mais ils avaient maintenant atteint l'autoroute et Matthew n'osait arrêter l'auto avant d'être sûr que le démon avait disparu.
Matthew : C'est étrange, non ? Les temps changent. Les gens ont des enfants...
Naomie, maugréant : Sweet retrouvailles...
Matthew s'autorisa un rictus.
Naomie : Tu ne m'as jamais dit pourquoi tu avais disparu de la circulation comme ça... Pourquoi je ne t'avais jamais vu à Cherrycity...
Matthew inspira une grand goulée d'air et plissa les yeux. Ses doigts se crispèrent même légèrement sur le volant.
Matthew : Je suis malade.
Naomie se raidit.
Matthew : Je l'ai toujours été. Mes parents s'en étaient accommodés jusqu'à cette rechute... J'ai du prendre l'avion pour New York. Les docteurs ont pensé que ça irait : ils m'ont laissés retourner là-bas...
Il ferma un instant les yeux.
Matthew : Mais j'avais disparu. Tout ce que j'avais construit, le semblant de normalité que j'avais réussi à donner à ma vie... Entre les allers-retours fréquents pour voir les spécialistes à New-York et le fait que je n'existais pour plus personne à Cherrycity, j'ai décidé de rester là finalement...
Les yeux glace de Naomie ne reflétèrent rien, un instant. Ou du moins plus de douleur qu'à l'accoutumé. Mais Matthew avait déjà retrouvé un sourire.
Matthew : Et ça m'a pas trop mal réussi, non ?
Une sonnerie de téléphone interrompit toute pensée. Sans même s'excuser, Naomie farfouilla toutes ses poches afin de trouver la source de tout cet embêtement : elle devait bien finir par le prendre ce coup de fil.
Trouvant le portable, elle vérifia rapidement l'émetteur harcelant : l'écran du téléphone affichait un numéro et en dessous, le nom de Maya Watson.



Que de mystères et de révélations...
Comment Émily connaissait-elle Naomie ? Que sont devenus les autres dans ce futur sombre et mystérieux ? De quoi souffre réellement Matthew ?
Naomie : good or bad girl ?
Le secret sera révélé... quelques réponses dans le prochain épisode !

# Posté le samedi 30 août 2008 06:37

Modifié le mercredi 22 avril 2009 07:53